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Messagerie & Webmail

Arobase : comprendre le signe @, son origine et sa saisie au clavier

Dans nom@domaine.com, un seul caractère relie une identité à son territoire numérique : l’arobase est le symbole @ qui associe un nom d’utilisateur à un domaine…

PAR · PUBLIÉ · 10 min
Un doigt appuie sur la touche @ d'un clavier, le symbole s'affiche sur l'écran
Un doigt appuie sur la touche @ d'un clavier, le symbole s'affiche sur l'écran

Dans nom@domaine.com, un seul caractère relie une identité à son territoire numérique : l’arobase est le symbole @ qui associe un nom d’utilisateur à un domaine, un service ou un compte. Choisi en 1972 par Ray Tomlinson comme séparateur du courrier électronique, ce signe possède le point de code Unicode U+0040 et le code ASCII décimal 64. Vous découvrirez ici son origine, son rôle dans les adresses e-mail, ses usages numériques et les combinaisons permettant de l’écrire sur les principaux claviers.

Un signe qui relie un nom à un espace numérique

L’arobase est un caractère typographique et informatique représenté par le signe @. Son usage fondamental consiste moins à décorer un identifiant qu’à exprimer une relation : une personne, un compte ou une ressource se trouve « chez » un domaine, une plateforme ou une machine.

Dans l’adresse util@exemple.com, la lecture fonctionnelle est simple :

  • util correspond au nom d’utilisateur ;
  • @ marque la relation entre cet utilisateur et son domaine ;
  • exemple.com désigne le domaine associé au service de messagerie.

Vous pouvez donc lire cette adresse comme « util chez exemple.com ». Le caractère ne fait partie ni du nom d’utilisateur ni du nom du domaine : il organise leur mise en relation. Cette fonction explique pourquoi l’@ demeure immédiatement reconnaissable dans la messagerie électronique, même lorsque les interfaces de webmail masquent une partie de la mécanique technique.

Le même principe vaut sur les réseaux sociaux et dans de nombreux forums de discussion. Une mention telle que @nom indique que le texte vise un compte précis au sein de la plateforme. L’arobase transforme ainsi un nom potentiellement ambigu en identité adressable dans un environnement donné.

Cette nuance compte lorsque vous analysez des identifiants ou concevez une interface : @ ne certifie pas l’identité d’une personne. Il indique seulement qu’un nom est rattaché à un système capable de l’interpréter.

Du commerce médiéval à l’arroba espagnole

Le nom français et la forme graphique du signe ne racontent pas exactement la même histoire. « Arobase » dérive de l’espagnol et du portugais arroba, tandis que le dessin @ serait issu d’une abréviation manuscrite plus ancienne. Il faut donc distinguer l’origine du mot de celle du caractère.

Le terme arroba, attesté en Espagne depuis 1088, vient de l’arabe arroub, qui signifie « le quart ». Il désignait une ancienne unité de mesure de poids ou de volume correspondant au quart d’un quintal de 100 livres, soit environ 12 kg. Comme le marc ou la livre, l’arroba appartenait à un monde où une notation devait condenser une information commerciale très concrète.

La genèse graphique reste moins certaine. Le signe serait né du geste de copistes médiévaux réunissant un a et une courbe circulaire pour abréger la préposition latine ad. Graphiquement, la lettre semble encerclée par son propre trait, ce qui a suscité des rapprochements avec d’autres formes, notamment la lettre grecque rhô. Ces ressemblances visuelles ne suffisent toutefois pas à établir une filiation.

L’imprimerie à caractères puis les écritures commerciales ont stabilisé le signe. Dans les langues latines comme en anglais, @ a servi à rendre la préposition « à » ou son équivalent at, notamment devant un prix unitaire. L’écriture 2 poules @ 5 € signifiait ainsi deux poules à 5 € chacune ; l’exemple anglais 6 eggs @ $1 suit la même logique.

Les appellations actuelles conservent ces histoires parallèles :

LangueNom courantSens ou lecture dominante
FrançaisarobaseNom issu d’�28�
Espagnol et portugaisarrobaAncienne unité de mesure et nom du signe
AnglaisatPréposition exprimant « à » ou « chez »

La célèbre « queue de singe » décrit agréablement la silhouette du caractère, mais pas sa fonction. Pour comprendre l’@, mieux vaut retenir le lien qu’il exprime que l’animal auquel sa boucle peut faire penser.

Écrire @ sur Windows, Mac et un appareil mobile

La combinaison des touches dépend du système et surtout de la disposition réellement configurée. Regardez donc la langue du clavier dans le système avant de conclure qu’une touche est défectueuse : un clavier physiquement AZERTY peut être interprété comme un QWERTY, et inversement.

Disposition et systèmeCombinaison pour saisir @
AZERTY français sur PC Windows�29� + �30�, ou �31� + �32�
AZERTY belge�33� + �34�
QWERTZ suisse, QWERTY canadien-français ou QWERTY espagnol sur PC�35� + �36�
QWERTY américain�37� + �38�
QWERTY britannique�39� + �40�
AZERTY français sur Mac�41� + �42�

Sur Windows, Alt Gr active le caractère de troisième niveau associé à une touche. Si la combinaison attendue ne produit pas l’arobase, vérifiez d’abord la disposition sélectionnée dans les paramètres de langue. Le marquage imprimé sur les touches ne commande pas le résultat : c’est la configuration logicielle qui interprète la frappe.

Une solution de dépannage existe également sous Windows : maintenez Alt, tapez 64 sur le pavé numérique, puis relâchez Alt. Cette méthode utilise le code décimal du caractère et nécessite un pavé numérique actif. Elle peut être utile sur une machine distante ou avec une disposition inhabituelle, mais elle n’est pas toujours pratique sur un ordinateur portable compact.

Sur smartphone ou tablette, ouvrez la vue consacrée aux chiffres et aux symboles, puis sélectionnez @. Les claviers mobiles placent souvent ce signe directement dans la disposition dédiée aux adresses électroniques, car son usage y est fréquent.

La norme NF Z71-300 participe à la standardisation de la saisie sur les claviers français. Elle n’annule cependant pas les différences entre systèmes, dispositions nationales et configurations héritées. En cas d’urgence, vous pouvez aussi copier ce caractère : @.

Pourquoi le courrier électronique a adopté l’arobase ?

Ray Tomlinson a choisi l’@ en 1972 pour séparer le nom de l’utilisateur du nom du serveur dans le courrier électronique. Le signe était peu susceptible d’apparaître dans un nom propre et se lisait naturellement at en anglais, c’est-à-dire « chez » ou « à ».

Cette décision répondait à un problème d’adressage. Un système de messagerie devait distinguer deux informations :

  1. l’identité locale du destinataire ;
  2. la machine ou le domaine chargé de recevoir son courrier.

Dans util@exemple.com, util n’a donc de sens complet qu’en relation avec exemple.com. Un autre domaine pourrait posséder son propre utilisateur appelé util sans provoquer de confusion, puisque l’adresse entière constitue l’identifiant pertinent.

L’arobase agit comme un opérateur d’appartenance plutôt que comme un simple séparateur visuel. Elle permet au service de messagerie de comprendre vers quel domaine acheminer le message, puis à ce domaine d’identifier la boîte concernée. Un webmail peut rendre cette opération presque invisible, mais l’adresse conserve cette structure.

Il faut néanmoins éviter une lecture trop littérale. Le domaine ne désigne pas nécessairement un serveur physique unique : il représente un territoire logique de messagerie, dont l’infrastructure peut être répartie. L’@ décrit la relation d’adressage, pas l’architecture matérielle placée derrière l’écran.

Des mentions sociales aux chemins informatiques

Hors de la messagerie, @ conserve souvent la même logique : il rattache une identité ou une ressource à un contexte capable de la résoudre. Ce fil conducteur permet de comprendre des usages qui paraissent, au premier regard, sans rapport entre eux.

Sur un réseau social, @nom désigne un compte et peut déclencher une notification. Dans les forums de discussion, le signe sert à interpeller un membre ou à rendre explicite le destinataire d’une réponse. Dans certains sports et jeux vidéo, il peut identifier un joueur, une équipe ou une rencontre selon les conventions du service.

Dans une adresse FTP ou SSH, l’arobase peut séparer le nom d’utilisateur de la machine distante. La structure nom@hote se lit alors comme une demande de connexion de nom sur hote. Le signe relie encore une identité locale à un territoire technique, cette fois une machine plutôt qu’un domaine de messagerie.

Les langages informatiques lui attribuent des fonctions plus variées. PHP, Perl, Objective-C, Pascal, Java, XPath ou Ruby peuvent employer @ comme opérateur, préfixe, annotation ou élément de syntaxe. Sa signification n’est donc jamais universelle : elle dépend de la grammaire du langage, de la bibliothèque ou du protocole.

Cette polyvalence impose une précaution aux développeurs et aux analystes de données. Avant d’interpréter le signe, examinez son contexte : une mention sociale, une adresse électronique et une annotation de code utilisent le même caractère, mais pas la même règle.

Ce que les machines enregistrent réellement

À l’écran, @ ressemble à un a entouré d’une boucle. Pour une machine, il s’agit d’abord d’un caractère identifié par une valeur normalisée : son point de code Unicode est U+0040 et son code ASCII décimal est 64.

Unicode fournit un identifiant stable, indépendamment de la police, de la taille ou du système d’exploitation. Une fonte peut modifier l’épaisseur de la boucle ou l’alignement du signe sans changer le caractère sous-jacent. Cette séparation entre codage et rendu est essentielle lorsqu’un texte circule entre un webmail, un fichier et une application.

Dans un document HTML, vous pouvez écrire directement @ ou employer l’entité numérique @. Les deux formes visent le même caractère. L’entité peut être pertinente dans certains traitements automatisés, mais elle ne constitue pas une protection fiable contre la collecte d’une adresse électronique affichée publiquement.

Dans la table ASCII, @ se trouve dans la zone qui précède les lettres majuscules, elles-mêmes suivies plus loin par les lettres minuscules. Sa présence ancienne dans cet alphabet informatique a favorisé son emploi dans les protocoles et les langages. La stabilité du codage explique mieux son omniprésence que sa seule commodité typographique.

Le point de code ne règle toutefois pas tous les problèmes. Une erreur de disposition de clavier, un copier-coller depuis un texte mal encodé ou l’emploi d’un caractère visuellement proche peut encore perturber un identifiant. Lorsque vous validez une adresse ou une commande, contrôlez la valeur du caractère, pas seulement sa silhouette.

Lire l’arobase comme une relation

L’arobase a traversé la mesure commerciale, l’imprimerie et l’électronique sans perdre son idée centrale : elle place quelque chose par rapport à autre chose. Dans un e-mail, elle relie un utilisateur à un domaine ; sur une plateforme, un nom à un compte ; dans un accès distant, une identité à une machine.

Cette lecture est plus utile que la simple mémorisation d’une combinaison de clavier. Lorsque vous rencontrez @ dans un nouvel outil, commencez par identifier les deux éléments qu’il met en relation et la règle qui interprète cette relation. Les usages futurs du signe pourront varier, mais cette méthode restera un bon point de départ.

Questions fréquentes

Faut-il prononcer « arobase » ou « at » ?

En français, vous pouvez prononcer « arobase » lorsque vous dictez une adresse électronique. At reste courant dans un contexte anglophone, où le signe exprime directement l’idée de « chez ».

Peut-on mettre plusieurs arobases dans une adresse e-mail ?

Une adresse électronique ordinaire utilise une arobase pour séparer le nom d’utilisateur du domaine. Plusieurs signes @ indiquent généralement une erreur de saisie ou une chaîne qui n’est pas une adresse e-mail standard.

Arobase et arroba désignent-ils exactement la même chose ?

Arobase est le nom français du caractère @. Arroba est son appellation espagnole et portugaise, héritée d’une ancienne unité de mesure représentant le quart d’un quintal.

Pourquoi Alt Gr ne produit-il pas @ sur mon clavier ?

Votre disposition logicielle ne correspond probablement pas à la combinaison essayée. Vérifiez si Windows utilise un clavier AZERTY français, belge, QWERTY ou QWERTZ suisse, puis appliquez la combinaison adaptée.

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Mathieu Delmas

Mathieu Delmas

Ingénieur en géomatique et ancien analyste de données d’observation de la Terre, Mathieu Delmas a travaillé sur des séries temporelles optiques et radar appliquées aux littoraux et aux usages agricoles. Il veut rendre chaque produit satellitaire vérifiable, compréhensible et utilisable sans en masquer les incertitudes.